#129 – Aux urnes citoyen(ne)s !

« Tiens, Emilie a publié un nouvel article sur son blog.

-Oh, ça parle certainement des élections…

-Ah oui en effet.

-ça m’étonnait qu’elle ne l’ait pas encore fait »…

Alors oui aujourd’hui j’écris un petit article sur l’élection présidentielle. Il m’a fallu un peu de temps pour me lancer. Non pas par manque d’inspiration. Ooouuuula non j’en ai à revendre. Je n’avais juste pas une bonne synchro entre les phrases qui se dessinaient dans ma tête et l’aspect pratico-pratique « il me faut un ordi, du calme et du temps ».

Aujourd’hui tout est réuni. Vous allez me dire il était temps, on est quand même à H-6 des résultats.

H-6… Nom de Zeus ! H-6 d’un moment historique. Chaque élection, quelle qu’elle soit est un moment historique. J’aime cette idée. J’aime l’idée de vivre l’événement, d’être là, d’y participer. Je vote avec une immense fierté à chaque fois. Voter c’est donner un avis, c’est participer au destin de son pays, c’est un privilège qui nous est donné à nous citoyen(ne)s. On oublie trop souvent de le dire mais ce n’est pas un acte anodin, un truc du style aller au marché le dimanche matin ou à son entrainement de basket le mercredi soir. C’est un acte fondateur nondedla ! C’est un pouvoir immense. Entendre quelqu’un(e) me dire que sa voix ne changera rien au scrutin m’agace. Tout le monde a la même pouvoir dans l’action de vote. Le grand et le petit, le riche et le pauvre, le presque riche et l’un peu moins pauvre, le jeune et le vieux, la jeune femme et la vieille dame, la patronne et son employé, l’associé et son presta. Tout le monde ! C’est ça qui fait sa force et sa beauté.

Alors, je vous l’accorde volontiers, depuis plusieurs années il peut s’avérer difficile de voter avec plaisir, en se disant « youpiii je vote pour quelqu’un(e) en qui je crois. J’aime ses idées, j’aime son projet. » Mais qu’est-ce qui vous empêche, vous, d’aller remplacer ces gens, ces « politiques » comme on dit, s’ils ne vous conviennent pas ?! Hmm ?! On s’est habitué à voter sans envie, en râlant, en se disant que pfff de toute façon ça ne changera rien. Euhhhh, les gars, il est peut-être temps de reprendre les choses en main non ?! C’est super confortable de râler a posteriori sur celui ou celle qui est au pouvoir. Mais pourquoi on ne les interpelle pas plus? Pourquoi on n’est pas plus investi dans les institutions, dans les associations, dans les partis éventuellement? Pourquoi on laisse couler tout le temps? Sans doute parce que s’investir c’est difficile, c’est prendre de temps sur autre chose, c’est se confronter à des opinions opposées aux nôtres, c’est parfois prendre des risques, c’est sortir de la vie et du quotidien qu’on met tant d’énergie à construire. Je comprends cela très bien. Moi-même je ne suis pas à la pointe de l’engagement. Je manifeste de temps en temps, j’écris, je parle mais je pourrai certainement faire plus et mieux. Je pense sincèrement que nous avons un rôle à jouer.

Le mien s’exprimera avec plus de facilité en dehors de tout parti, de tout cadre (bizarrement!). Travailler auprès de la jeunesse de France qui est bourrée de talent(s), qui a envie de créer, qui est belle, motivée. ça c’est un engagement. Exposer mes photos dans une commune rurale de Vendée et prendre le temps de discuter, d’expliquer, de montrer que l’art est accessible ça c’est un engagement. Lire des articles de presse, regarder des émissions critiques, acheter des bouquins, des bd, sur des thèmes historiques, politiques, sociétaux, ça c’est un engagement, donner confiance à un(e) ami(e) en reconversion, à un(e) autre qui vient de se faire larguer, à un(e) enfant devant sa copie, ça c’est un engagement.

Mes engagements sont à petites échelles, se vivent au quotidien, me prennent énormément de temps et je suis persuadée qu’ils sont efficaces (tout comme mon vote). Accompagner votre enfant à son tournoi de foot, l’encourager, lui apprendre les valeurs de solidarité, le goût de la victoire et surtout celui de la défaite, c’est aussi selon moi un engagement. C’est finalement prendre l’engagement de créer un(e) petit(e) citoyen(ne) qui fort(e) de toutes les belles valeurs que vous lui aurez transmises saura faire des choix éclairés, argumentés, sensés, avec en filigrane l’intérêt collectif.

Quand j’entends mes amies jeunes mamans me relater les commentaires que leurs petits leur ramènent de la cour des récrés ça m’effraie, vraiment ! Comment une petite de 5 ans, éduquée dans des valeurs de solidarité, de protection de la nature, de tolérance peut en toute insouciance dire « le papa de truc il est étranger donc il peut pas rester en France. Il doit rentrer chez lui. Nous on est français donc on peut rester, lui il doit partir ». Imaginez le choc pour sa maman. D’où elle sort ça? Qui lui a dit ça ?!

On se rend compte que l’éducation à l’autre est un travail de tous les jours. Expliquer, expliquer, expliquer encore. Ce qui m’agace particulièrement c’est l’ignorance. Si le métier d’informatrice anti-ignorance existait je le prendrai sans attendre. J’ai déjà écrit à ce sujet il me semble. On a peur de ce qu’on ne connaît pas. Alors ok, créons des ponts entre les cultures, mixons les populations, intégrons celui qui vient d’ailleurs, questionnons celle qui vient de là-bas pour mieux la comprendre. Pourquoi est-ce que dans certains territoires cela paraît délirant? Pourquoi une telle méfiance et une telle haine se sont installée ? Il y a moult réponses probablement mais elles n’empêcheront pas le constat de me faire toujours aussi mal.

Chaque reportage tourné dans des bastions du front me glace. Les mots sont extrêmement violents et nouveauté effrayante ils sont désormais assumés. Je pourrai ne pas me sentir plus concernée que ça en tant que petite blanche française née bien ici lorsque j’entends un type dire droit dans les yeux à un journaliste qu’il le considère comme un bougnoule. Je pourrai. Mais non. ça me fait et me fera toujours l’effet d’un uppercut doublé d’un tord-boyaux. Comment peut-il dire ça ? Comment peut-il même le penser? Je ne comprends pas.

Je ne comprends pas et j’ai la trouille.

J’ai la trouille pour moi, pour les petits comme Antonin qui est né aujourd’hui, pour tous mes ami(e)s coloré(e)s de peau et de coeur, pour tous mes ami(e)s artistes, pour mes ami(e)s bi-nationaux à qui on va demander de renier l’un des deux pays. J’ai peur pour N. française qui se marie prochainement avec Ö, turc. Quel avenir pour eux ? J’ai peur pour l’éducation nationale qui va voir ses programmes prendre un tournant dramatique. J’ai peur pour l’ouvrier(e) qui a cru bien faire en mettant ce bulletin de vote et qui va morfler encore un peu plus. J’ai peur pour mes ami(e)s qui bossent dans la protection de l’enfance qui n’auront plus d’argent pour faire tourner leur structure et protéger ces enfants qui en ont besoin. J’ai peur pour toutes les femmes et ados qui n’auront plus la possibilité d’aller au planning familial pour un IVG ou simplement pour parler. J’ai peur pour les journalistes qui vont vivre un enfer au quotidien à cause des accès fermés, des fausses informations et des violences. J’ai peur pour les magistrats qui seront sous pression. J’ai peur pour nous tous qui ne pourront certainement plus aller protester dans la rue avec bière et merguez (à moins de les aimer assaisonnées au gaz lacrimo…)… Je pourrai continuer la liste pendant encore longtemps. Tout m’effraie dans le programme de Marine Le Pen (il faut quand même dire son nom à un moment donné). Son personnage même m’effraie. Ce sourire glaçant, ce mépris, ces mensonges construits, cette violence dans les mots et les gestes. Tout !

Après avoir lu beaucoup beaucoup de textes et articles sur le sujet, après avoir analysé son programme, avoir avoir écouté les avis des un(e)s et des autres, vraiment, du plus profond de moi-même je sais que si elle arrive au pouvoir ce sera une catastrophe, une vraie. Je n’ai pas envie d’entrer en résistance. Je n’ai pas envie d’entendre ma grand-même de 90 ans dire « mais pourquoi elle veut sortir de l’Europe? C’est ce qui nous maintient en paix. ». J’ai pas envie de subir pendant 5 ans (et probablement bien plus). Si un parti d’extrême droite au pouvoir était synonyme de prospérité et bien-être ça se saurait non ?! Leur présence aux affaires a toujours été synonyme de chaos. Ouvrez les livres d’histoire c’est marqué dedans !

Donc NON, NON et NON ! Je refuse, je suis contre. Je le dis, je le redirai autant de fois qu’il le faut mais non. On ne peut pas accepter une telle violence à la tête du pays.

Alors certain(e)s ne seront pas content(e)s de lire une telle prise de position, grinceront un peu des dents à l’idée que je puisse indiquer pour qui ou plutôt contre qui (soyons précis) voter. « Rooo ça va on est assez grands pour décider tout seul », « Rooooo elle dramatise complètement ». Libre à vous de penser ce que vous voulez Messieurs-Dames. C’est ça la démocratie c’est être libre de penser et d’agir. Prenez simplement un peu de temps avant toute chose pour lire, vous informer, vous construire un joli libre-arbitre parce que la citoyenne du monde que je suis ne peut comprendre que le pays dans lequel elle est née n’accorde pas aux autres l’accueil qu’elle a reçu ailleurs.

Je finirai là-dessus.

Aux urnes citoyen(ne)s !

Emilie

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#128 – Expo n°2 « Ici |&| Ailleurs »

Bien le bonjour Messieurs Dames  !

ça fait longtemps hein ?! Je me suis dit que le meilleur moyen de faire passer une info au plus grand nombre était d’utiliser ce site donc me revoilà !

Je voulais simplement vous informer que mes aventures photographiques continuent. J’ai installé lundi dernier une 2ème expo dans un restaurant parisien. Une vingtaine d’images autour du thème « Ici |&| Ailleurs ».

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Faire le lien entre Paris, ma ville de toujours, et les lieux visités pendant mes 6 mois de voyage me parut évident. Il est d’ailleurs très drôle de trouver dans mes archives des photos qui se marient parfaitement, qui ont la même construction, qui dégagent la même impression. Patte de « l’artiste », coïncidence, automatisme ? Sans doute un peu de tout cela. Cette expo est une nouvelle étape. Je l’ai construite et mise en place avec ma complice désormais attitrée : Aurélie. Elle a l’œil qui me manque pour organiser, le sens artistique nécessaire pour mettre en valeur chaque photo et le tact indispensable pour mener à bien de tels projets sans accroc. Notre équipe fonctionne bien et est déjà tournée vers l’expo n°3 qui aura lieu en avril 2017.

A chaque expo son thème, son univers. Faire tirer de nouvelles photos est un immense plaisir. A chaque fois que je vais les chercher chez Camara je m’émerveille. Je les trouve belles, fidèles à mon idée. J’aimerai les voir en très très grand tout le temps. J’oublie qu’elles sont destinées à être encadrées et accrochées. Dans l’instant elles sont juste sublimes et à moi ! Et puis après vient le temps de les mettre dans leur cadre, avec précaution et bidouillage parfois (papa en sait quelque chose!). Le moment de l’accrochage est une galère dont Aurélie me sort avec talent. Je suis bien incapable de savoir comment organiser les photos, comment les accrocher. ça c’est son job. Je me rends bien compte de mon inutilité lorsqu’il faut choisir entre cet endroit ou cet endroit. Heureusement qu’elle est là ! Et puis après vient le temps des premiers échos. Tendre l’oreille pour écouter les avis des un(e)s et des autres et fuir en même temps ce moment de jugement. Qu’elle soit positive ou négative la critique est toujours inconfortable. Je l’ai déjà expliqué je crois, exposer c’est se mettre à nu. C’est s’exposer soi. C’est donner aux autres quelque chose qui m’appartient à la base. C’est accepter d’être déposséder d’un bien, d’une idée, d’une vision. J’ai plaisir à observer les interprétations faîtes par les un(e)s et les autres. C’est intéressant de voir les cheminements de pensée, de voir qu’une photo suscite questionnement, (in)certitude, plaisir. C’est drôle de constater qu’on ne voit pas du tout la même chose dans une même image. Et c’est très gratifiant de constater que certain(e)s souhaitent l’acquérir, qu’ils souhaitent l’emmener chez eux/elles. 4 photos ont déjà été vendues depuis l’installation de lundi. C’est une grande et chouette surprise !

Donc voilà je suis bien occupée avec ce nouvel événement.

J’ai quand même pris le temps de voyager un peu en début d’année (on ne se refait pas). Je suis allée rendre visite à une amie à Berlin et à un ami à Neuchâtel en Suisse. Deux endroits fort différents mais intéressants. Berlin est une ville que j’aime beaucoup et qui mérite d’être explorée. Il y souffle un vent de liberté tout à fait incroyable. Chacun(e) est libre d’être qui il/elle souhaite. Tu veux avoir les cheveux verts? Ok, soit. Personne ne se retournera sur toi pour émettre un avis. Que c’est agréable ! On sent que chacun(e) peut se réaliser ici. Cela fait un bien fou ! Le respect est partout. Entre les gens, dans les transports, dans la rue. Seules transgressions : les tags sur les murs et les pétards dans les bars. Rien de bien méchant. A noter que les bonnes françaises (et ex-parisiennes que nous sommes) ont eu un peu de mal à accepter de ne pas passer au petit bonhomme rouge alors que le boulevard est totalement vide et n’ont pas réussi à éviter la petite fraude dans les transports… ! Je m’explique. Il n’y a pas de barrière ou de strapontins à l’entrée des métros et des trains pour valider votre entrée. On part du principe que vous avez acheté votre ticket et que vous l’avez sur vous. Des contrôleur/euses se promènent dans les rames mais normalement tout le monde est en règle. Bon, ben, quand tu es française et que tu as en plus vécu à Paris, eh bien tu aimes détourner la règle et tu te dis que pour 3 stations ça fait ch**** de payer donc tu fais ta maligne et tu refuses d’acheter un ticket ! C’est pas malin je vous l’accorde. C’est même pas bien du tout. J’ai donc acheté un ticket illimité pour la semaine comme ça au moins j’étais tranquille. Mais c’est vraiment rigolo d’observer cet esprit de transgression. On ne peut pas s’empêcher de contourner les règles, de décider qu’elles sont un peu abusives, d’estimer que nous on a le droit de ne pas faire comme les autres. Sacré héritage révolutionnaire, tu es bien ancré !!!!

J’ai pris quelques images comme vous pouvez l’imaginer. Elles sont visibles ici ! Beaucoup de photos de street art, un tour dans le musée d’art contemporain, une visite de mémorial qui calme, une soirée dans un club de jazz…il y a un peu de tout cela. Il me reste encore des photos à traiter. Je vais m’y remettre sous peu.

Voilà pour les news du moment cher(e)s lecteurs et lectrices.

N’hésitez pas à donner de vos nouvelles vous aussi. Et n’hésitez pas bien sûr à aller voir les photos de l’expo directement sur place ou bien via le lien suivant : prez-expo-ici-ailleurs

Belle suite à vous. A bientôt !

PS : les propriétaires des 2 photos que je n’ai pas encore livrées je vous envoie un mail de suite !

#127 – “Tout ce qui n’est pas donné ou partagé est perdu” Proverbe indien

Bien le bonjour à toutes et tous,

Un discours improvisé ne permettant que de dire le minimum me revoilà devant mon écran pour pianoter queques mots.

Le premier qui vient est « Merci » forcément. Quel cadeau vous m’avez fait en étant si nombreux jeudi soir. Le pointage de très haute qualité effectué par Elod’ (merci Elod’) annonce 87 adultes et 22 enfants soit 109 personnes au final. Paf ! Enorme ! Ces soirées sont toujours trop courtes. J’ai essayé de voir chacun(e) d’entre vous, d’échanger quelques mots, de répondre à quelques questions mais, mais… il aurait fallu une journée entière pour profiter de tout le monde.

“Tout ce qui n’est pas donné ou partagé est perdu”. On m’a dit cette phrase lors de la soirée. Je ne sais pas si ces images auraient été perdues si je ne les avais pas partagées avec vous mais ce que je sais c’est qu’aujourd’hui elles sont, pour vous aussi, associées à un moment, à un lieu, à un sentiment. Elles ont pris place dans votre mémoire. Elles seront toujours spéciales pour moi. Elles me relieront à jamais à l’aventure que j’ai vécue. Ce ne sont pas que des images. Ce sont des moments de vie, des rencontres. De savoir qu’elles ont désormais en vous (ou chez vous) une place spéciale me rend fière et joyeuse. Elles vont vivre à travers ce que vous en raconterez. Elles maintiendront le lien entre vous-moi et ces mondes tout là-bas. C’est chouette non ?!

Comme je le disais jeudi, je suis partie avant tout pour moi, pour étendre mon champ de découvertes, pour me familiariser avec cette culture asiatique totalement inconnue jusqu’àlors. Et au final j’ai vu une aventure collective se dessiner. Vous réunir jeudi était un bon moyen de s’en rendre compte. Pendant 6 mois vous avez toutes et tous adopté la même habitude, celle de prendre le temps de lire, de vous évader le temps d’un récit. Bravo et merci pour ça. C’est un cadeau que vous vous êtes fait. Non pas parce que ce que je raconte est bien (je ne me permettrai pas) mais parce que vous avez osé vous extraire de votre quotidien parfois speed, parfois stressant, parfois très (trop) occupé pour lire, regarder, penser, réagir. Quelle action rare de nos jours ! C’est pourtant tellement ressourçant et utile. Mon papa m’a dit un jour « Le temps ça se prend ! « . Je répète cette phrase à qui (ne) veut (pas) l’entendre, en espérant inciter chacun(e) à donner la priorité à l’essentiel. Cette phrase il l’a prononcée face à des parents d’élèves qui ne cessaient de répéter qu’ils « n’avaient pas le temps d’aider leur enfant à faire ses devoirs, trop de boulot, vous ne vous rendez pas compte ». Trop de boulot ?! Hmm. Le temps ça se prend messieurs dames, non ?! Paf !

Vous ferez ce que vous voulez de cette phrase mais croyez-moi elle est utile. Elle n’empêche en rien la procrastination mais elle permet de gagner en honnêteté. Au lieu de dire « je ne peux pas le faire, j’ai pas le temps », je dis « je ne le fais pas, j’ai pas envie » ! ou « ok, je vais le faire je n’ai pas d’excuse valable pour ne pas le faire »… Finalement on y gagne. Essayez vous verrez !

Pourquoi je parlais de ça déjà ?! Oula je ne sais plus. Revenons à jeudi soir si vous voulez bien. J’ai bien sûr de nombreux remerciements à faire. Monter une soirée comme celle-ci nécessite le travail de plein de petites mains. En tête, encore une fois, Aurélie et Julie. A la comm’, au choix des photos, à l’orga, au budget, à la motivation, au timing, à l’after, elles étaient partout ! Merci les filles. On rempile bientôt ?! A la mise en place des grands tableaux, Papa. A l’organisation de la salle, Virginie. Au tartinage, à l’installation de micro, à la mise en place des tableaux, à l’achat en dernière minute du livre d’or, le merveilleux Simon. Au prêt de chevalets, Julie, Julien, Delphine. Ils n’ont pas servi mais le geste était beau alors je le souligne ! Aux tirages, l’entreprise Camara. A la création des tableaux, MD Sérigraphie, Emile en tête. A l’accueil, Elod. Quel talent ! Au soutien toute l’équipe de copains/ines et la famille. Toujours fidèles au poste !

Merci aussi à toutes celles et ceux qui m’ont envoyé des messages d’encouragement le jour J, la veille, la semaine précédente. Vous étiez là en pensées et c’est très précieux. Merci à celles et ceux qui sont venu(e)s de loin, de très loin même. Merci à celles et ceux qui sont venu(e)s de tout près. Merci aux copains/ines qui se sont arrangé(e)s pour covoiturer. Merci à Lydie et Jocelyne de nous avoir accueillis avec sourire et douceur. Je n’ai pas eu le plaisir de goûter à vos créations du soir mais je suis sûre que c’était très bon 😉 ! Merci à Aurélie et Alain pour le logement et le pti dej’ de vendredi. Merci aux petits poussins pour ces deux pulls d’un jaune qu’on ne peut oublier. Merci à F. pour ne pas avoir fait le coup de la panne à C. (permettez-moi de garder leur anonymat). Merci à Elia, Amina et Hans pour le weekend merveilleux passé ensemble. Merci à « mes deux inconnus » d’avoir fait le démarche de venir à la soirée. Je suis encore bluffée par notre rencontre. Et merci à tous ces visages croisés pendant ces 6 mois. Sans eux, pas de photos !

Et maintenant ?! Visiblement la question a été posée à pusieurs reprises aux autorités parentales. Alors, j’attends une réponse pour un nouveau travail d’ici la fin de l’année. Thématique : la lutte contre le décrochage scolaire. Parce qu’on le sait, un enfant instruit est un enfant doté de libre-arbitre et moins enclin à se faire happer par les sphères négatives. Et vu la période cela me semble un bon moyen de lutter. Parce que oui, je n’ai pas écrit d’article sur le sujet mais vous imaginez bien ma réaction suite à l’élection de Trump aux States et la possibe déroute qui nous attend… ! Je ne vais pas m’étendre trop. Je vais simplement vous prier de lire ces deux bandes-dessinées :

« Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas »

Et puis après vous pourrez visionner le documentaire : « A voix haute » , « L’histoire incroyable de jeunes de Seine Saint-Denis qui apprennent à devenir des orateurs hors du commun. » J’ai assisté à la finale du concours l’année dernière. J’en ai encore des frissons. Ces jeunes sont beaux, ils sont l’avenir. Certain(e)s passent leur temps à les détester. Moi je les admire tellement que je ne peux que vous inciter à les rencontrer à travers ce documentaire.

Et sinon ?! De nouvelles dates à cocher sur vos agendas. J’organise (avec mon équipe de choc), une nouvelle exposition à la Galerie du Sénéchal aux Lucs sur Boulogne les 8-9 et 15-16 avril 2017.  De nouvelles photos, de nouvelles thématiques. Possible que Julien, artiste vitrailliste, m’accompagne. Allez jeter un oeil à son travail, ça vaut le détour.  Et scoop du jour, une autre exposition se dessine dans la capitale pour le mois de janvier. Rien de signé pour le moment, je règle tout cela dans la semaine.

Donc voilà, je surfe sur la vague sympathique des expositions. Votre générosité me le permet. Merci pour tous les achats que vous avez effectués. J’ai vendu une vingtaine de photos. C’est beaucoup ! Je sais que certain(e)s souhaitaient un délai de reflexion. Pas de problème. Voilà le catalogue. (vous excuserez la qualité, je n’ai pas encore récupéré le fichier original).

L’exposition au Brin d’Appétit se terminera la semaine du 19 décembre. Je pense donc livrer les cadres et photos achetés, cette semaine là. Si toutefois le délai est trop long n’hésitez pas à me le signaler et j’irai récupérer votre photo avant. Pour les demandes spéciales, les grands formats notamment, je vous tiens au courant très très vite. Le temps de prendre contact avec le prestataire. Marie-Andrée, ton cadre est prêt. Je passe te le livrer quand tu veux. Eh ouai, M-A c’est une VIP !!! En tous les cas, sentez-vous libre de demander votre photo plus rapidement. On est entre ami(e)s, on peut s’arranger.

Merci encore pour toutes ces commandes. Je ne m’y attendais pas du tout. C’est une jolie surprise. J’ai hâte de voir ces photos dans vos intérieurs. Je me sentirai un petit peu plus chez moi chez vous !

Allez, il est temps de terminer cet article très long (encore une fois). J’ai la phrase parfaite pour ça. C’est une citation attribuée à Pierre Desproges :

« L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne » 

A méditer !

Belle journée à toutes et tous.

PS: si jamais vous cherchez des cadres. J’ai en réserve des cadres 30×40 de couleur grise, neufs, encore emballés. 3,50€ le cadre. Prix magasin.

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#126 – Work in progress

Bonjour à toutes et tous,

Juste quelques lignes pour vous tenir au courant des préparatifs de l’expo. ça avance bien. La team Emilie-Julie-Aurélie est à l’oeuvre. Tout sera prêt le jour J. I promess ! Les images ont presque toutes trouvé leur cadre.

En exclu je vous en montre deux petites…

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Je m’émerveille tous les jours de voir ces photos en grands formats. Sont-ce vraiment les miennes ?! Visiblement oui… Nulle prétention dans tout cela. C’est juste fou de les voir sublimées par leur nouveau format, le cadre associé. Je n’avais jamais imaginé exposer. Je suis donc en pleine découverte. Mélange de fierté, de stress, de questionnements existentiels sur la taille, le positionnement, le contour, (le prix?!)… C’est une vraie grande et belle aventure que je vis là. C’est génial.

Un grand merci encore une fois aux copines qui m’accompagnent et aux filles du Brin d’Appétit pour leur enthousiasme et leur disponibilité.

J’espère que cette exposition vous plaira. Je ne sais pas si elle marque le début du commencement de quelque chose mais en tous les cas elle stimule et ça, c’est précieux !

—Petite note pour celles et ceux qui commencent tout juste la lecture de ce site—

En bas de page vous trouverez un classement des articles par pays et/ou par mois. Quelques photos se cachent ici et là. Pour le best of c’est par ici !

Bonne lecture. Bonne journée. A très vite ! (et hop une photo de moi parce que ça fait longtemps et que ça vous manque je suis sûre ! Mode hiver-col roulé activé…Je n’ai pas connu d’hiver en 2015-2016, ça ne m’avait pas manqué en y repensant…)

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#125 -ça approche !

Ladies and gentlemen,

Si j’étais du genre à lancer des comptes à rebours je dirai que nous sommes à J-30 de l’inauguration de l’expo « Mon Tour de|s| Monde|s| ». Mais je ne suis pas de ces gens là donc je ne le dis pas… ;-).

Je fais juste un petit rappel pour que vous n’oubliez pas de vous inscrire et de transmettre l’info à vos contacts qui auraient suivi l’aventure. Ce serait dommage que certain(e)s passent à côté. Vous êtes pour le moment 62 chanceux/ses à avoir validé votre inscription. Youpiiiiii ! Parmi vous un ami suisse rencontré sur la route, potentiellement quelques personnes rencontrées au Myanmar, des ami(e)s pas vu(e)s depuis le lycée, mes responsables de DEES. Du beau monde quoi !

En terme de réponse au petit jeu, j’ai tout et n’importe quoi comme proposition. C’est très amusant. On sent que certain(e)s ont élaboré de vraies stratégies mathématiques pour trouver LA réponse mais in fine je crois que le calcul n’est pas aussi proche de la vérité qu’espéré… Je note tout de même l’effort ! Bravo !

Pour info, j’ai reçu les tirages des photos selectionnées. Ils sont très beaux. Les employés du magasin Camara sont de vrais bons professionnels. Vous m’excuserez ce coup de pub mais vraiment l’accueil était parfait, j’ai reçu beaucoup de conseils, d’avis techniques. C’était très intéressant. N’hésitez pas à vous adresser à eux pour vos expériences photos parce qu’ils sont top ! L’encadrement est en cours. Et je vais me mettre sous peu à l’écriture des légendes de chaque photo. Gros travail en perspective.

La dernière mission, et non des moindres, sera de trouver la paire de chaussures adaptée à ma robe du jour J. Pfff c’était plus simple de se promener pieds nus à l’autre bout du monde ! Peut-être que je vais faire ça finalement… !

Sur ce belle journée à toutes et tous.

Et pour s’inscrire c’est par ici :

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSd6E4f_j7KqTo3EeEc8yejZ04ejRYXDGkK5um4VJjz7q_esIg/viewform

PS: quelques images ci-dessous prises cette semaine en Vendée (qualité téléphone portable, sorry…). Un festival offert par la nature !

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#124 -Sortez les agendas !

Bonjour à toutes et tous,

L’article de ce soir j’attends de l’écrire depuis des semaines. Pourquoi ? Parce qu’il annonce un événement important. Un événement qui fera date dans ma vie et peut-être bien dans la vôtre. (Non non rien à voir avec la Sainte Emilie qui est aujourd’hui. Mais merci d’y avoir pensé  ;-).

Vous faîtes quoi le 10 novembre prochain ? Moi je sais ! Vous serez toutes et tous avec moi, à La Roche sur Yon en Vendée, dans un super restaurant. La chance ! Je paye le resto à tout le monde ! Iouuuuuuuuuu ! Nan j’déconne ! ça va pas ou quoi ? Je suis rentrée riche c’est vrai mais en tout autre chose qu’en monnaie… Je suis revenue riche de rencontres, de sensations, d’expériences, de sentiments, d’odeurs, de sons et surtout je suis désormais riche de plusieurs milliers d’images. Images ancrées dans mon esprit et par bonheur également enregistrées dans mes cartes sd !

Mais que faire de toutes ces images? Les enfermer dans un album cérébral seulement accessible à leur autrice? Hmm non. Comme dirait Guy Roux : « Faut pas gâcher ». Il serait mieux de permettre à tout un chacun de les voir, de les analyser, de les décrypter, de les interroger, si possible dans un bel espace avec une bonne ambiance ! Aussitôt pensé, aussitôt créé.

J’ai donc l’immense plaisir, Messieurs-Dames, de vous convier le 10 novembre 2016 à l’exposition  » Mon Tour de|s| Monde|s| », première du genre. (oui première parce qu’on n’est pas à l’abri qu’il y en ait une seconde…!).

C’est quoi le concept ? Disons que c’est comme un vernissage sauf que comme ce n’est que moi ce sera « same same…but different »! Une vingtaine de photos à (re)découvrir. 2-3 choses à grignoter. Sorry pour le champagne, je pense que le nombre d’invités dépasse de loin le nombre d’euros sur mon compte en banque donc on va faire simple hein ! L’idée c’est que vous puissiez profiter d’un petit quelque chose à manger et à boire sans mettre en danger votre IMC (Indice de Masse Corporelle pour ceux qui ne suivent pas. IMC= poids/taille². Il faut vraiment tout vous expliquer c’est dingue !). A noter que je n’ai pas choisi n’importe quel restaurant. J’ai l’honneur de vous recevoir au Brin d’Appétit, restaurant bio ayant entre autre reçu le prix d’excellence Trip Advisor. Les patronnes se feront, je pense, une joie de vous préparer des petites bouchées de qualité. Jocelyne, Lydie, Merci par avance !!!

Et comment on fait pour s’inscrire? Easy ! Il suffit de cliquer sur le lien suivant : invitation_expo-montourdesmondes_10nov2016, et de cliquer ensuite en bas à droite de l’image sur la phrase : « Inscription gratuite avant le 3 novembre 2016 ici ». Capito ?! Merci de penser à le faire. C’est super important pour l’organisation et puis j’ai hâte de savoir qui sera là.

Parce que oui mon souhait n’est pas seulement de montrer mes photos, c’est aussi et surtout de vous rencontrer. Vous avez été très nombreux/ses à me lire et j’ai besoin de savoir qui vous êtes. J’ai besoin que vous m’expliquiez pourquoi mon histoire vous a intéressé(e)s. Besoin de comprendre pourquoi mes photos vous ont touché(e)s. J’ai envie de savoir quel était votre rituel de lecture, quelles ont été vos émotions, vos interrogations. Avez-vous eu peur? Avez-vous pleuré ? On ne se connaît pas. Du moins, je ne vous connais pas. Parce que vous, de votre côté, vous avez eu accès pendant 6 mois à mon cerveau, bien installé(e)s dans vos canapés, votre siège de bureau ou votre tabouret de bar. C’est à mon tour maintenant d’en apprendre plus sur vous.

Alors, s’il vous plaît, venez ! Venez tous, vous, les patient(e)s de Marie, les tantes de Caro, les ami(e)s du Dr Gouzien, les collègues de Virginie, les parents des copains, les cousin(e)s des copines, les oncles et tantes, les potes de potes. Venez ! Il est l’heure pour vous de voir votre idole en vrai ! … ! Quoi ? Je m’enflamme un peu ?! Ahaha rassurez-vous je ne prends pas encore pour Michael Kenna, Gilbert Garcin ou Jérémie Lusseau. Trois photographes qui valent le détour (Jérém’ ça fera 100 balles pour l’instant pub!).

En résumé je souhaite simplement prolonger le plaisir. Faire vivre encore pendant quelques mois cette belle histoire m’est indispensable. Et puis, quel joli pied de nez qu’exposer une production visuelle alors que mes yeux sont de plus en plus attaqués… Peut-être que cette expo sera la seule et unique de ma vie, peut-être pas. Alors si j’étais vous je m’inscrirai tout de suite et je me ferai dédicacer un tirage pour être sûr d’avoir un souvenir de ce moment mémorable ! A noter que les photos resteront exposées plusieurs semaines dans le restaurant donc vous pourrez mêler plaisir visuel et gustatif durant tout le mois de novembre. Quelle chance !

Sur ce, je vous laisse cliquer là où il faut ! Et si vous avez des questions n’hésitez pas.

J’oubliais! Un immense merci à Aurélie et Julie qui m’aident pour l’organisation. Vous êtes au top les filles. Merci merci merci !

A très bientôt !

Je vous embrasse !

#123 – J+103

Bien le bonjour à toutes et tous !

Article 123, 103 jours après être rentrée. Je n’ai pas choisi la date d’écriture au hasard. Le 11 septembre est un jour particulier.

Ah nan rien à voir avec NYC et l’histoire de « Paf l’avion », ni même avec Olivia mon ex-collègue qui fête ses 42 ans ce jour (bon anniversaire binômette!). Nan, nan, le 11 septembre est une date spéciale parce qu’il y a 1 an tout pile, je quittais officiellement mes fonctions au sein de Frateli (et accessoirement je faisais une mega fête à Paris).

1 an ! 1 an que j’ai arrêté de travailler et que j’ai commencé à me consacrer à mes deux sujets préférés : « le monde et moi » ! 1 an ! Fiouuu que le temps passe vite. Plusieurs bébés ont eu le temps de naître chez les copains, des maisons se sont construites, des projets sont nés, d’autres se sont concrétisés, 35 personnes ont été engagées dans mon ancienne asso, 10 en sont parties, une soirée boudins a eu lieu sans moi, des athlètes ont gagné des médailles aux JO, des gens ont résisté, d’autres se sont ralliés. Bref, il s’est passé 1000 choses ! J’ai assisté à certaines, j’en ai loupées beaucoup. J’en ai loupées oui mais nul ressenti négatif là-dessus. J’en ai tellement vécu de mon côté, avec d’autres gens, dans d’autres paysages.

Il est compliqué de les partager ces choses puisqu’elles n’appartiennent qu’à moi, à ma mémoire. J’essaye de temps en temps de relater une anecdote mais ce n’est pas évident. Pas envie de me la raconter en parlant des requins de Tioman Island ou de ma chute miraculeusement sans gravité dans une cascade du Laos (anecdotes qui reviennent le plus souvent). Envie bien sûr de partager ce que j’ai vécu mais il semble que l’écrit soit plus facile pour moi. Petit élément rigolo à ce sujet. Il est arrivé que ce soit mes interlocuteur/trices, fidèles lecteur/trices de mes récits, qui me corrigent sur un élément ou qui complètent mes dires. A croire qu’ils/elles connaissent mieux le sujet que moi ! J’ai oublié en effet quelques éléments. Oublier momentanément puisqu’ils reviennent quand je réfléchis mais j’ai tellement de souvenirs en tête qu’il est parfois difficile d’aller les chercher et de les mettre dans le bon ordre. Je fais un réel et difficile travail de mémoire tous les jours. Resituer le lieu, la route prise pour arriver là, le moyen de transport utilisé, le décor alentour, les sons, la température. Je me remets dans la situation. Je suis dans la scène. Je fais ce travail à chaque fois que je revois une photo. C’est automatique. Du coup, je ne vous explique pas le bazar mental quand je regarde un diaporama !!!! C’est épuisant. En 3 secondes je change de pays, de ressenti, de température. C’est une expérience à vivre. C’est tout à fait intéressant. Et un peu déroutant parfois il faut l’avouer. 

Replonger dans mes photos je le fais beaucoup en ce moment. Je crois vous avoir parlé de la préparation d’une exposition. Et bien c’est confirmé. Elle aura bien lieu. L’invitation officielle vous parviendra tout bientôt donc je n’en dis pas trop mais faîtes tout de même une petite coche sur le 10 novembre 2016…

Et sinon, qu’est-ce que j’ai fait de mon été ?! Oula ! Plein de choses !

Je suis partie en vacances ! Ba quoi ! C’est pas parce que je rentre de 6 mois à l’étranger que je n’ai pas le droit de partir en vacances ! Ce n’était pas des des vacances mon voyage, rien à voir ! J’ai eu la chance de partir explorer quelques coins de France. Les landes avec ma copine Julie, le Pays Basque et le Béarn avec ma copine Marie, Brétignolles avec des gens différents tous les jours, Paris-La Vendée-La Bretagne avec Suann (et le camping-car), Paris avec moi-même et les coupains parisiens, les plages de La Tranche et de St Vincent sur Jard avec les bouds et la famille Lefeuvre. What else ? Beaucoup d’apéros, de blabla, de discussions philosopho-introspectives, de réflexions sur les cas désespérés que représentent mes ami(e)s (!!!), de rires aussi évidemment. J’ai pris le temps en résumé de passer du temps avec ceux qui m’entourent. Oulalalala je vois la levée de bouclier ! « Nan, c’est pas vrai, t’as pas pris le temps de venir me voir! ». Euh, oui, bon. Il faut dire que je suis très entourée et que ma liste d’ami(e)s est plutôt longue (sans prétention aucune). Du coup, il va me falloir une année supplémentaire pour pouvoir voir tout le monde. Certain(e)s ne sont pas loin c’est vrai mais malheureusement j’ai été rattrapée au bout de quelques semaines par la chose qui m’avait laissée plutôt tranquille pendant 6 mois :  la fatigue !… et toutes ses petites réjouissances associées.

J’ai donc dû lever le pied, malgré moi. La rechute n’est pas agréable. Les rendez-vous médicaux à l’hôpital non plus (même si les gens sont très gentils) mais je n’ai pas le choix. Ou si, je pourrai très bien reprendre le rythme que j’avais les 6 derniers mois mais cela serait synonyme de départ puisque le mettre en place ici est impossible. Je suis donc dans une phase de repos, une phase médicamenteuse, une phase où je dors 9h par nuit et fais des siestes d’1h30, une phase où j’essaie de gagner quelques globules !

En parallèle, j’ai démarré doucement mes recherches de boulot. Enfin doucement… J’ai tiré une ficelle et pouf une offre est arrivée ! Rien de définitif c’est en réflexion-négociation. Le projet me plaît mais il me faut l’accorder avec les problématiques de rythme citées ci-dessus. Vaste sujet… Je sais en tous les cas que je suis en capacité de trouver un travail qui me plaît. C’est un point intéressant.

Voilà. Je vais donc bien. Contrairement aux apparences je ne passe pas mon temps à ne rien faire. J’essaie d’entraîner mon cerveau tous les jours. Les sollicitations d’ici ne sont en effet pas du tout les mêmes que pendant mon voyage. J’ai perdu certains automatismes au profit de nouveaux. J’essaie donc d’en retrouver quelques uns. Bonne idée ?! Je ne sais pas… Je travaille ma concentration en essayant de me consacrer à une activité intellectuelle pendant un temps de plus en plus long. Je me documente en lisant des articles sur les domaines professionnels qui m’intéressent. J’aide des contacts dans leurs recherches, leurs réflexions pré-entrée dans le monde professionnel (on ne se refait pas, j’ai toujours un(e) ou deux filleul(e)s sous le coude). Je suis l’actualité. Je réfléchis. Je découvre de nouvelles BD merveilleuses telles que Joséphine Baker de Catel&Bocquet ou Habibi de Craig Thompson. Je me plonge sans retenue dans la série « Le Bureau des Légendes ». Je fais du sport, quand j’en ai l’énergie. Je texte, je maile, je whatsapp, je messenger, avec des gens de partout. J’essaie de m’ancrer ici tout en étant prête à partir là-bas.

Alors, oui, je n’ai pas un métier à proprement parler mais je vous assure que caler tout ça dans une journée c’est tout aussi compliqué qu’un boulot… et c’est bien moins rémunérateur !!!!!

Sur ce, je vais rejoindre mon téléphone qui sonne. Probablement ma camarade de voyage qui me raconte sa soirée d’hier… Vous voyez, il n’y a des choses qui ne changent pas ! 😀

Très belle journée à toutes et tous. Le prochain article devrait arriver très bientôt ! Soyez au taquet !

Bises

PS: j’ajoute quelques photos de mes vacances pour ne pas perdre les habitudes…

#122 Horreur, douleur et résistance 

 

Bonjour à toutes et tous.

Cela fait plusieurs jours que je me dis qu’il serait bien que j’écrive un article pour donner des nouvelles, montrer de nouvelles images, continuer mon récit. J’y pensais et puis je laissais couler. Pas la motivation, plein de choses à faire etc etc. Ce matin, c’est une nécessité…

6h30, j’ouvre un œil. Je me réveille d’un rêve un peu bizarre et flippant. J’étais dans un monument, une sorte d’église que je visitais en France. Je vois une cérémonie avec plein de gens dans ce bâtiment. Je demande alors à un agent de police de quoi il s’agit. Il me répond un congrès d’un groupuscule SS et il me précise qu’il assure la sécurité. Je réponds « Pardon ?! », totalement interloquée par cette réponse. Pour lui tout semble normal, pour tout le monde autour aussi accessoirement. Je décide alors de prendre les choses en main et de faire en sorte que ce congrès n’ait pas lieu. Je me rapproche donc d’une sorte de grand panneau avec plein de fils (la sono en somme. Comme c’est un rêve les objets sont bizarres mais dans l’idée c’est un panneau son). Et là je me fais passer pour quelqu’un qui vient réparer et j’explique que le système est pourri, que je dois tout changer. Je débranche tout. Les gens sont donc obligés d’attendre, le congrès ne peut pas commencer. Mon plan fonctionne plutôt pas mal, tout le monde me croit sauf un type. Je vois bien qu’il doute. Je décide donc de ne pas trop m’attarder, je prétexte un coup de téléphone et je m’échappe du lieu le plus rapidement et discrètement possible. Parfait…sauf que j’ai oublié mon sac à main près de la sono. Merte ! Je dois y retourner. Il y a mes papiers dedans. S’ils le trouvent je suis mal. J’y retourne donc mais mon sac n’est plus à sa place. Le type m’a grillée, il l’a mis de côté, a rebranché tous les fils et s’apprête à me dénoncer. Je le menace physiquement et discrètement de me rendre mes affaires sinon… (sinon je sais pas quoi). Ça a marché, il me rend mon sac apeuré et je m’enfuis. J’atterris dans un avion avec des gens que je connais. J’ai peur parce que je me dis que le type va me retrouver. Après ça devient confus donc je vais arrêter là.

Je fais donc ce rêve étrange, je me réveille et je regarde mon portable pour voir les messages reçus cette nuit de la part de mes amis vivant de l’autre côté de la planète (les joies du décalage horaire). Et là, le 1er que je lis est celui de Perrine. Elle m’envoie une copie d’écran d’un article du site de la BBC ayant comme légende « Nice latest as lorry hits crowd ». Qu’est-ce que c’est que ça encore ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Reflexe immédiat = le site du monde.fr.  Et là c’est l’horreur. Encore… Le réseau est très limité à Brétignolles, là où je me trouve, je suis donc en attente d’infos, je ne comprends pas trop ce qui est arrivé, ça télécharge mais ça met 1000 ans. Je me réveille de ce rêve bizarre où j’étais entourée de gens à l’idéologie extrême. C’est donc assez confus dans ma tête. Tet que je suis encore en train de cauchemarder… Je décide donc de me lever pour aller voir les chaînes d’infos (pas l’idée du siècle mais quand le réseau ne fonctionne pas ça dépanne) et là boum ! Images, sons, textes, tout est là. Grosse claque… La réaction de mon corps est immédiate. Je tremble, je suis horrifiée, j’ai la nausée. Je suis hypnotisée par les images et comme d’habitude je suis profondément meurtrie et choquée. « Comme d’habitude »… Vous vous rendez compte que je viens d’écrire comme d’habitude. Moi Emilie, petite française de moins de 30 ans, je viens de dire « comme d’habitude » en parlant d’une attaque meurtrière dans mon pays. Mais merde ! Comment c’est possible ça ?!

Alors, du coup j’ai sangloté, j’ai envoyé des messages aux uns aux autres pour les prévenir en douceur, j’ai scotché, un long moment et puis j’ai éteins la télé, nauséeuse à cause des images et surtout des commentaires. Et qu’est-ce qu’on fait après ça ?! Il est 8h, il y a un soleil magnifique sur la côte vendéenne… Eh bien j’ai décidé de mettre de la musique, j’ai pleuré en écoutant One de U2 repris par Mary J.Blige, j’ai fait une lessive à la main, j’ai allumé l’ordinateur et me voilà en train de raconter mon ressenti. Le choc est toujours là mais je suis déjà passée au stade de la colère et du questionnement.

Pourquoi, mais pourquoi ?! Je trouve d’autant plus violent d’être confrontée à cette attaque après l’expérience que j’ai vécue ces six derniers mois. J’ai vu que le vivre ensemble était possible, origines culturelles, sociales, religions, orientations sexuelles, âges, tout confondus. C’est possible putain alors pourquoi, mais pourquoi, quelques gourous se mettent en tête de tout détruire ? Je ne comprends pas. Je comprends facilement que des jeunes de chez nous ou d’ailleurs puissent se laisser embrigader mais je ne comprends pas comment ceux qui sont au-dessus peuvent en arriver à planifier des choses aussi terribles. C‘est dingue ! A quel moment on a merdé ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Et comment on répare (NB : en écrivant j’ai fait une faute de frappe et j’ai écrit repart…ça marche aussi je crois…) ? Parce que oui, forcément, après le choc, les larmes, la colère, j’ai envie de changer tout ça, de récupérer ces âmes perdues et de les ramener dans la vraie vie. Mais je commence par où ?

Je commence par vous écrire à vous toutes et tous pour vous rappeler encore une fois de ne pas leur donner raison en arrêtant de vivre. Chaque attaque renforce en moi l’esprit de résistance, de tolérance, d’accueil, de « liberté-égalité-fraternité ». Ces trois mots sont beaux. On n’y fait plus attention parce que depuis toujours on les cite à toute vitesse, devise nationale oblige, mais pour moi ce sont les plus beaux qui existent (avec le mot « Merci »). C’est trois mots disent tout, annoncent la route à suivre et sont les plus beaux remparts possibles face à l’ignorance, l’horreur et l’obscurantisme. Liberté, égalité, fraternité. Ce sont mes guides et pendant 6 mois j’ai eu le plaisir de les incarner, de les expérimenter, de les faire vivre, de les tester. Ce ne sont pas que des mots, ce sont des idées concrètes, des façons de pensées ; un véritable « way of life » en somme. On peut y arriver. On peut être libre, égaux et fraternels. Je le sais. Alors, je vais me battre, encore et toujours avec des larmes dans les yeux, de la douleur dans les tripes, de la musique dans les oreilles et de l’énergie venue d’ailleurs. Tu viens toi aussi ?!

Et sinon mis à part tout ça (si tant est qu’il soit possible de mettre tout ça à part…) j’occupe mon temps depuis mon retour. Je vois beaucoup de monde, je bouge, je visite. Pardon à toutes celles et ceux que je ne suis pas encore allée voir. Je pense aux Nantais, à la famille à Mesnard, à Beaurepaire… Rien de personnel mais c’est toujours un peu compliqué de caler mon agenda.  Je suis en contradiction permanente entre l’envie de voir du monde et le besoin profond d’être toute seule. C’est le bordel en résumé ! Niveau projet je travaille (enfin j’essaie) sur une exposition photos à la rentrée. Vous serez bien sûr toutes et tous convié(e)s à la « soirée de lancement » (c’est pompeux comme terme mais je ne sais pas trop comment appeler ça. « vernissage » c’est un peu trop. Bref !). J’essaie de me mettre au rythme d’ici mais c’est difficile. Je vis encore au rythme de l’Asie en discutant très très tôt le matin ou très très tard le soir avec les ami(e)s qui vivent là-bas. Je passe donc beaucoup de temps sur mon téléphone. Pardon les ami(e)s pour ça. Ce n’est pas très poli, pas très agréable mais pour le moment c’est nécessaire. J’ai besoin de cette connexion permanente avec le monde qui a été le mien pendant plusieurs mois. Une partie de moi est là-bas et pour le moment je n’ai pas réussi à la rapatrier. Vous aurez donc compris que je ne suis pas encore totalement rentrée et que je n’ai pas trouvé le mode d’emploi pour y arriver. J’essaie des choses, je discute beaucoup avec les un(e)s et les autres, je m’isole, je fais comme je peux. J’espère réussir à trouver des solutions et des objectifs d’ici la rentrée.

En attendant j’ai mon amie Suann de Hong-Kong, rencontrée à Singapour, qui arrive la semaine prochaine pour 10 jours en France. L’Asie va venir à moi et ça va être super. Elle va venir avec ses petits yeux curieux et va certainement me montrer à quel point mon pays est beau (je n’en doute pas mais ça fait toujours du bien de le redécouvrir). Ensuite ce sera place à de rapides retrouvailles avec ma camarade de voyage Perrine et ensuite on verra. Voilà. Des questions ?!

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#121 – J+16 !

Messieurs Dames bonjour,

Me revoilà assise devant mon écran d’ordinateur pour vous livrer quelques impressions post « retour-à-la-vie-d’avant ». (attention cet article est long)

Par où je commence ? Très bonne question. Tellement bonne que je me la pose tous les matins, tous les midis aussi et puis le soir je me demande par quoi je termine… Revenir au pays n’est pas chose aisée. Je vais essayer de vous expliquer cela.

Il y a bien sûr beaucoup de joie au moment des retrouvailles. Quel plaisir de revoir des têtes connues, de pouvoir les toucher, les entendre, les voir évoluer en direct et non via des vidéos whatsapp. C’est plaisant, ça donne le sourire. J’ai pu constater que les enfants avaient grandi en 6 mois. Je ne ferai pas l’affront de dire aux adultes que eux, ils ont vieillis… Moi-même j’ai dû changer un peu physiquement. On souligne ma ligne fine et mon teint « pas trop bronzé »…! Ayant des ami(e)s un peu partout et en nombre conséquent, les retrouvailles plaisantes vont certainement s’étaler sur de longues semaines. Parfait pour me laisser le temps de m’y préparer. Parce que oui, aussi joyeuses soient les retrouvailles les premiers instants sont particuliers.

Tout va vite. Les conversations, les sons, les rires. ça fuse, à droite, à gauche. Les sujets de discussion paraissent irréels. Je ne comprends rien. Je ne sais pas quoi dire. Soudain une question arrive pour moi, toute l’attention se tourne donc de mon côté. Il faut réfléchir, trouver une réponse, la formuler, la rendre intéressante (c’est mieux). ça demande un travail intellectuel qu’il est difficile de faire lorsqu’on se sent perdue. Et depuis le retour je me suis sentie perdue plus d’une fois.

« Perdue dans un univers connu ». Voilà l’expression que j’ai trouvée après plusieurs jours de réflexion pour expliquer mon ressenti. Etre perdue dans un univers nouveau, éloigné de sa culture, c’est normal. Mais être perdue dans la maison dans laquelle on a grandi, dans les rues qu’on a empruntées des centaines de fois, c’est déstabilisant. Durant le voyage, j’avais tous les sens en éveil pour trouver des repères, sécuriser mon environnement, trouver des lieux pour manger, pour dormir. Ici, tout est à disposition, là, sous mes yeux. Nul besoin de réfléchir. Et ça, c’est un big changement. J’apprécie moyennement de n’utiliser mon cerveau que pour régler des questions administratives, checker mon agenda et être à l’heure aux rendez-vous. Parce que oui, j’ai des rendez-vous maintenant, des horaires à respecter, tout ça tout ça… C’était quand même beaucoup plus excitant d’avoir des défis à relever chaque jour. Du coup, j’essaie de ne pas me laisser embarquer dans le tourbillon du style de vie d’ici. Par exemple, samedi soir je devais me rendre à une pendaison de crémaillère à Paris. J’avais l’adresse mais pas de plan et pas d’internet pour chercher via mon téléphone. Eh ben du coup j’ai pris plaisir à juste marcher, réfléchir selon mes souvenirs du quartier, à demander aux gens. Je suis arrivée trèès en retard mais me presser n’était pas une option. Me presser pour quoi ? Les gens n’allaient pas partir. Et puis j’avais plein de choses à observer autour de moi. J’étais observatrice de cet environnement dans lequel j’avais évolué plusieurs années. Et globalement c’est ça l’idée.

L’envie d’être spectatrice encore et toujours. Sauf que chez nous il faut être acteur. Il faut agir tout le temps, être performant, efficace. Qu’il est difficile de prendre son temps, de juste regarder à droite à gauche, de s’arrêter, de ne rien faire. Samedi soir toujours, j’ai dû rentrer en taxi. J’ai donc dit au revoir à mes amis et en temps d’avant (c’est comme temps normal mais comme c’était dans ma vie d’avant, j’appelle ça temps d’avant!), j’aurai mis 2 minutes à héler un taxi, à grimper de dedans, à indiquer la destination, à faire 1000 choses sur mon téléphone, à réfléchir au lendemain en attendant d’arriver à destination. Là, j’ai marché dans les rues. Il ne faisait pas trop froid, il ne pleuvait pas, c’était ambiance Paris à 1h du mat’, plutôt calme. J’aurai pu passer des heures à déambuler. Je ne l’ai pas fait parce que je ne rentrais pas dans ma maison mais chez une amie. Sinon je pense que j’aurai parcouru une partie de la ville, tranquillement le nez en l’air. Une fois dans la voiture j’ai ouvert mes yeux et j’ai regardé la ville, les bâtiments, j’ai écouté la musique diffusée à la radio. Je ne me rappelle plus du titre mais c’était une chansons lounge, belle, pile pour la situation.

ça fait un peu perchouille comme attitude hein ?! Eh oh ne mentez pas, je sais que c’est ce que vous pensez ! Mais est-ce moi qui suis un peu hippie ou vous qui êtes trop speed ?! Hmm ? Bonne question !

Nul jugement dans tout ça évidemment. Depuis le retour je suis confrontée à des modes de vie bien différents du mien; celui que j’avais pendant le voyage et celui que j’aimerai avoir après. Comment faire pour accorder mes violons avec ceux des autres tout en gardant ma part d’originalité et surtout ma part de bien-être? Eh ba pour le moment je n’ai pas la réponse. J’y réfléchis ! Je réfléchis beaucoup, à plein de choses. Je discute beaucoup, avec plein de gens. Pas de moi rassurez-vous, ça ça n’a pas changé ! Je m’inspire des histoires des un(e)s et des autres pour construire la mienne. Vous n’imaginez pas à quel point mes psychopathes d’ami(e)s sont une source d’inspiration ! On me pose bien sûr la question « Et maintenant, tu vas faire quoi ? ». Et bien sûr, comme prévu, je réponds « je ne sais pas ! ». Et pour de vrai, je ne sais pas ! J’ai quelques idées, options, mais qu’il est difficile d’entrevoir une signature de contrat, une installation quelque part ou toute forme d’engagement après avoir été si libre durant si longtemps. Parce que oui chez Emilie Charrier, engagement = privation de liberté ! C’est sans doute un chouia exagéré m’enfin quand même. Il y aura des obligations à respecter, des horaires, un rythme pas forcément choisi, une obligation de résultats. Tout ça n’existe plus dans ma vie depuis le 25 novembre 2015 et je m’en porte très bien. « Oui mais Emilie, ça ce n’était pas la vraie vie! ». Ah bon ?! Vraiment ?! Qui dit ça ?! Qui décide ?! Je suis libre de choisir de ne pas faire comme tout le monde non ?! Nulle intention de ne pas retravailler, ce n’est pas le genre de la maison mais nulle envie non plus d’être happée par un rythme de vie qui oublie de laisser du temps pour le fun, la vie privée, tout ça tout ça. Parce que travailler c’est bien, c’est utile, c’est important, c’est constructif, c’est rémunérateur mais ce n’est pas selon moi la chose par laquelle nous devons tous nous définir.

J’ai été frappée par les discussions entendues dans les rues de Paris alors que j’étais installée en terrasse (au soleil, précisons le). Sujet n°1 : le boulot (normal on y passe 8h par jour) mais les côtés négatifs du boulot. Les collègues relous, les objectifs trop hauts, la direction qui n’entend pas les doléances, le rythme qui est trop dur… Que des choses négatives tout le temps. Les gens en rigolent pour éviter d’en pleurer m’enfin c’est quand même super pénible de faire une activité au quotidien qui amène autant de ressentis pesants. Vous allez encore me prendre pour une hippie !!! Mais oui mais mince ! Pourquoi on s’impose (on se laisse imposer (?)) des choses qui nous embêtent? Moi j’ai envie d’être heureuse d’aller bosser le matin et d’être contente de rentrer le soir à la maison en pleine forme pour faire encore plein d’autres trucs. Je n’ai pas envie d’être ronchonchon dès le réveil en visualisant ma journée de m**** avec ses nombreuses contraintes et rentrer le soir épuisée sans aucune envie de sortir. Je vais essayer de ne pas retomber là-dedans et de faire en sorte de mêler activités pro et perso en toute harmonie ! (j’ai choisi le mot harmonie parce que ça fait hippie). Je sais que tout ça n’est pas évident à mettre en place, que tout le monde aimerait mais n’a pas toujours le choix… Compliquée cette question du choix… Certain(e)s diront qu’on a toujours le choix, d’autres qu’il est trop tard pour ça…Je n’ai pas de réponse toute faite. Chacun(e) son histoire, son vécu, ses objectifs mais là où on peut toutes et tous être égaux c’est dans le fait de se poser des questions. Est-ce que je suis vraiment obligée de…? Est-ce que si je dis non, je vais être sanctionnée et tout va s’écrouler ? Est-ce que prendre le risque de ne pas faire ça avoir des conséquences négatives et ingérables ? Bien souvent la réponse est non et des adaptations sont possibles donc pourquoi ne pas essayer ? Peut-être que ça pourrait permettre d’être plus cool. Mon ancienne boss m’a dit un jour « Emilie, baisse ton niveau d’exigence. C’est lui qui dirige ton travail et qui te fixe des objectifs inatteignables, pas moi !« . Cette phrase m’est bien restée en tête et me permet lors de multiples situations de relativiser et de mettre la pression à son juste niveau. Mais bref, je m’égare.

Revenons au sujet de mon retour en France. Je peux continuer la liste des choses un peu bizarres à gérer si vous voulez. Par exemple : mon placard ! Ben oui maintenant j’ai un grand placard avec plein de vêtements dedans. Du coup le matin ben c’est plus compliqué de savoir comment je m’habille ! Trop de choix ! J’en manquais parfois pendant le voyage mais là je suis perdue d’en avoir trop ! J’ai même poussé le vice jusqu’à récupérer plein de nouvelles fringues chez les copines qui vidaient leur garde-robe. Du coup, je me suis créé un problème !… Pff et en même temps qu’est-ce que c’est chouette de remettre des talons, des vestes, des jeans, des jolis petits t-shirt… Aaah qu’elles nous rattrapent vite ces considérations d’image et de look… ! Et du coup quand je pars pour Paris ou ailleurs et que je dois faire une valise je suis embêtée, je me complique la vie, je prends un tas de choses inutiles alors que j’ai passé 6 mois avec le strict nécessaire. Vous voyez, c’est un peu le bazar. Je suis en conflit permanent entre l’envie de garder mon style de vie de voyage (simple et efficace) et la cession de terrain au rouleau compresseur du style de vie d’ici (sophistiquée et ultra rapide). Je devrai réussir à retrouver un équilibre mais ça va prendre un peu de temps je crois. Quand je veux m’acheter quelque chose par ex j’essaie de toujours me poser la question : »est-ce que j’en ai vraiment besoin? » . Bien des fois la réponse est « non… mais j’ai envie de me faire plaisir ». Du coup, si j’achète quand même la chose en question j’essaie de m’arranger ensuite avec ma conscience et de compenser cette pulsion totalement matérialiste par une action qui ne l’est pas. Après le voyage au Togo j’avais beaucoup de mal à acheter sans comparer. Je me disais par exemple que la veste que j’allais acheter correspondait à un an d’instruction scolaire pour un petit du village de Missawomé… Je peux vous assurer que quand vous faîtes ça en permanence vous ne touchez plus du tout votre CB et votre banquier(e) est ravi(e) !!! Aujourd’hui je le fais peu. J’essaie surtout de développer ma conscience de la valeur des choses et surtout de leur intérêt. Puis-je faire sans ? Réponse : Oui ! Ok donc je ne prends pas. C’est une vraie lutte je trouve dans notre société de (sur)consommation. On est très vite rattrapé par des besoins que l’on nous a soufflés et que du coup nous jugeons important. J’ai un petit exemple qui me vient en tête. Il date d’hier. Je jouais au ping-pong avec mon neveu avec des raquettes qui datent de Mathusalem. J’ai joué avec quand j’étais petite, mes frères et soeurs aussi du coup elles sont assez abîmées. 1ère idée en voyant ces raquettes : « Ba ! Elles sont pourries. Je vais en acheter d’autres ». Et finalement il s’avère qu’il est tout à fait possible de jouer avec ces vieux objets. Ilan mon neveu se fout royalement du fait que les raquettes soient abîmées sur les côtés. Il a noté son nom dessus, ce qu’il veut c’est jouer, peu importe le matériel. Moralité : je ne vais pas acheté de nouvelles raquettes tant que celles ci feront le job ! Il s’en est fallu de peu pour que j’envoie à la poubelle des objets encore utiles…Par contre, je me suis achetée un nouveau téléphone portable… L’autre fonctionne mais n’est plus à la hauteur de ce que je lui demande. Du coup j’ai investi mais je vais donner l’ancien à une amie qui est passée maître dans l’art d’utiliser mes anciens téléphones jusqu’au bout ! Ma conscience te dit Merci C. !

Qu’il y a-t-il d’autre dans ma liste des trucs weird (bizarre)? Mon sac à main ! Quelle galère ! Dans mon sac à dos je savais exactement où se trouvaient mes affaires. Chaque chose à sa place et chaque place a sa chose. En un instant je trouvais ce que je cherchais. Là je perds une énergie dingue à fouiller dans cet immense sac et à ne rien trouver. C’est pénible. Du coup je réapprends à m’organiser. A mettre les clés là, les lunettes ici, le produit pour les yeux ici. ça paraît idiot mais je dois réapprendre ou du moins me réhabituer à une quantité de choses qui vous semble basiques. ça prend beaucoup d’énergie. Je n’ai plus d’automatismes. Il faut que je les réapprenne. Comme réapprendre à s’attacher en voiture, à manger à heures fixes, à ne pas dormir à n’importe quelle heure. ça, je ne suis pas encore bien calée. Un peu de mal à ne pas sauter les repas parce que je n’ai pas faim et à ne pas faire de sieste à 16h (ce que je viens de faire à l’instant).

Pas simple non plus de retrouver de la concentration pour une réunion ou un entretien. Je décroche assez vite et préfère observer ce qu’il y a autour plutôt qu’écouter mon interlocuteur/trice.  J’ai fait l’expérience au Pôle Emploi cette semaine lors d’une réunion de présentation à laquelle j’étais conviée. J’ai plus regardé les personnages qui m’entouraient qu’écouté la conseillère. En même temps elle lisait le powerpoint donc un petit coup d’oeil et heup j’avais compris l’idée. Les gens présents m’ont fascinée. Ils avaient tous quelque chose de caractéristiques, de clichés même. C’était une vraie scène de films avec des personnages bien dans leur rôle : l’ingérable qui mange, qui boit, qui se fout de tout, le petit agressif qui mord avant même d’avoir parlé, la discrète, le gentil, la nerveuse, l’angoissée etc. J’ai adoré ce moment. J’étais dans mon rôle favori, celui d’observatrice. J’aurai adoré prendre ces gens en photos. A défaut je me suis amusée à identifier les sentiments, les émotions qui se dégageaient des un(e)s et des autres. Beaucoup d’agacement, d’agressivité, de nervosité, d’auto-défense. Tout plein de choses auxquelles je n’ai pas été confrontée ces derniers mois. C’était très étonnant et un peu violent à observer et recevoir. « Pourquoi tant de haine ?! ». C’est une phrase qu’on dit souvent en rigolant mais là vraiment elle s’appliquait très bien. J’en ai parlé à la conseillère à la fin. Je lui ai fait part de mon étonnement quant à l’attitude des gens. Elle m’a dit que pourtant « aujourd’hui ils étaient plutôt sympas…! ». Eh bé ! Dur métier que le vôtre chère Madame. Je l’ai donc remerciée pour son travail et les informations qu’elle nous avait transmises. Cela me semblait important…

Voilà donc un extrait Messieurs Dames, de mon état d’esprit à J+16 jours. Je suis globalement heureuse d’être rentrée mais j’ai encore du mal à saisir ce que je fais là ! Mon voyage me semble parfois si loin que j’ai l’impression qu’il n’a pas existé. C’est étrange tout ça mais encore une fois c’est intéressant à analyser et ça fait partie de l’aventure.

Vous êtes nombreux/ses à me demander une soirée témoignages-visionnage. Avec plaisir ! Il me faut simplement trouver un format, un lieu, une date… Si vous avez des idées, des questions, des suggestions qui pourraient me permettre de définir le meilleur moment et la meilleure manière de faire, je suis preneuse. N’hésitez pas à me contacter par mail : emilie.charrier0@gmail.com . Et si vous voulez simplement vous présenter à moi parce qu’on ne se connait pas surtout n’hésitez pas un instant. Envoyez-moi un email ! J’aimerai beaucoup savoir qui me lit et pourquoi !

Sur ce, je vous laisse, je dois aller faire mon sac pour partir en weekend bateau sur la côte vendéenne ! Un peu d’aventure, youpiii !

Portez-vous bien.

Bises

PS : je me suis rendue compte que certaines photos que j’avais téléchargées sur le site n’y sont plus (une sombre histoire de place disponible). Du coup je suis en train de créer un album des meilleures photos ainsi que des albums par pays. Je mettrai les liens sur le site. Toutes mes excuses pour ce bug et pour info j’ai encore pleiin de photos à vous montrer du Myanmar, de Kuala Lumpur, de Singapour. Chouette, n’est-ce pas ?! On a encore quelques mois de voyage devant nous.